/ Le réseau de
la Jeune Création Européenne
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/ Edito.

Depuis quelques années les systèmes d’échanges inter-écoles ou universités, dont le fameux Erasmus, permettent aux jeunes européens de se rencontrer et d’échanger, dans l’espoir de donner un jour une consistance plus tangible à ce peuple européen dont nos aînés ont rêvé et que nous nous efforçons, maladroitement mais inexorablement, de modeler.
De la même manière que ces séjours offrent la possibilité irremplaçable de rencontres en chair et en os, de vive voix, la biennale de la Jeune Création Européenne ambitionne de créer les conditions d’une grande visibilité à l’échelle de tout le continent pour les œuvres les plus remarquables de ces nouveaux artistes qui, en permanence, année après année, effectuent leurs premiers pas dans l’art et contribuent à en modifier les contours conceptuels et formels.
Pour cette nouvelle édition, ce sont ainsi 9 pays qui vont successivement recevoir ces travaux représentatifs de l’art actuel dans la diversité de ses recherches, pour permettre à un très large public de découvrir, en vrai, l’art européen tel qu’il s’élabore aujourd’hui, en temps réel…
Traditionnellement, c’est au commissaire artistique du Salon de Montrouge qu’échoit la responsabilité de désigner, parmi les exposants des éditions précédentes, les artistes appelés à former la représentation française de cette biennale. Le Salon de Montrouge est la principale manifestation française consacrée à la découverte de nouveaux talents. Chaque année, plusieurs dizaines d’artistes, issus pour la plupart du dynamique réseau des écoles d’art, y présentent leurs travaux à un vaste public d’amateurs et de professionnels. Choisis en 2009 parmi plus de 1100 candidatures, les 82 exposants ont été accompagnés, tout au long de la préparation de ce 54ème Salon, par les membres d’un Collège Critique coordonné par Gaël Charbau, le rédacteur en chef du journal Particules (ce sont des extraits des textes rédigés par certains des membres de ce Collège qui, dans cette publication, introduisent les travaux des artistes de la sélection française). Par ailleurs, pour la première fois, une quinzaine d’étudiants de dernière année de l’école de la Villa Arson, à Nice, ont été invités par leur professeur Arnaud Labelle-Rojoux, qui était l’invité d’honneur de cette dernière édition.
Une série de modifications substantielles apportées à l’organisation du 54ème Salon, qui s’est tenu à Montrouge au printemps 2009, m’a conduit à m’en remettre, pour cette sélection, à l’excellent jury convoqué pour cette occasion. En effet, le jour même de l’inauguration, un jury de professionnels issus des sphères privées et institutionnelles, présidé par Fabrice Hergott, Directeur du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, a désigné les trois lauréats de l’édition 2009, qui ont été invités par Marc-Olivier Wahler à exposer au Palais de Tokyo au printemps 2010 :
Kaori Kinoshita et Alain Della Negra (Grand Prix)
Aurélien Porte (Prix Spécial)
Antoine Dorotte (Prix du Conseil Général)
A cette occasion, le jury a également sélectionné les sept autres artistes qui constituent cette délégation française de la biennale européenne, adjoignant aux trois lauréats : Henni Alftan, François Bellenger, Suzy Lelièvre, Sandra Lorenzi, Oriol Nogues, Jean-Xavier Renaud, Till Roeskens.
Cette sélection rend parfaitement compte de la grande diversité de la création actuelle telle qu’elle s’est montrée lors de ce 54ème Salon, mêlant hardiement les médiums (peinture, sculpture, photographie, vidéo…), les états d’esprit et les origines géographiques… Ayant déjà opéré, avec l’aide de mon adjointe Sandra Cattini, le choix le plus drastique, passant de 1100 candidats à 82 exposants, je ne pouvais, quoi qu’il en soit, que m’identifier au choix d’un jury souverrain…
Ce processus de désignation a le mérite de souligner l’importance fondamentale des deux piliers de toute émergence réelle : une prospection véritable, et la cooptation par un milieu artistique oecuméniquement rassemblé… En effet, il ressort de la responsabilité collective des professionnels de l’art contemporain de garantir, autant que faire se peut, les conditions loyales et éclairées d’une sélection démocratique des talents invités à le renouveler.
Pas par grandeur d’âme (même si cela n’est pas nuisible) mais par pur pragmatisme. C’est long, c’est difficile, toute une vie d’artiste. Seuls les plus farouchement déterminés, les plus authentiquement habités, pourront identifier leur propre problématique, pour reprendre le mot du grand critique Bernard Lamarche-Vadel, et faire durer 50 ou 60 ans cette folle énergie mentale et physique nécessaire à la pratique quotidienne de l’art… Mieux vaut ne pas trop se tromper au départ, donc.
Au passage, ces artistes façonneront un peu beaucoup de ce que sera l’Europe du XXI siècle….

Commissaire artistique de la sélection française

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Stéphane Corréard




Stephane Correard