Bruxelles, Belgique
Commissaire artistique : Marc Partouche
Institution partenaire : Académie royale des beaux- arts de Bruxelles
Fin avril 204
Ruptures, strates, couches, mille feuilles, une école d’art est aujourd’hui le principal lieu de transmission d’un savoir artistique constitué d’une double caractéristique : passage d’une génération à l’autre, entre héritage et rupture, formation et transformation d’une communauté dont les lois commencent à s’éprouver là. Elle est aussi une institution dont la liberté de pensée et d’action, en tant que telle et pour chacun de ses membres, est unique dans l’enseignement supérieur et irremplaçable dans un contexte marchand très contraignant. En son sein s’expérimente, comme nulle part ailleurs, un « faire » nourri par des « savoirs » multiples ou, pour le dire autrement, une philosophie en acte…Si une école n’est que le point de rencontre des influences les plus fortes qui traversent la société tout entière, si elle n’est que le reflet de son temps s’exténuant à s’adapter aux pensées et aux techniques à la mode, alors elle faillit à ses fonctions. Elle est donc active, et non seulement en activité.
La création, la transmission et la valorisation de l’art (son enseignement) sont indissociables. Les formes de l’art pénètrent en profondeur les processus de transmission, leurs objectifs, leurs méthodes et réciproquement.
Cela est d’autant plus vrai pour l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles/Ecole supérieure des arts dont l’histoire, elle est née en 1711, bien que prestigieuse ne l’a pas empêchée de renouveler sans cesse son rapport au monde ; tenir les deux pôles de la continuité et des ruptures. La coupure entre tradition et avant-garde n’a pas été source uniquement de conflits esthétiques ou politiques mais de dynamiques qui l’ont maintenue vivante d’une façon qui à peu d’équivalent en Europe. Les quelques grands étudiants, professeurs ou directeurs qui jalonnent sa réalité et son imaginaire, peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, décorateurs, auraient de quoi remplir d’aise les plus grands musées. Citons, pour l’exemple, James ENSOR, Paul DELVAUX, René MAGRITTE, Victor HORTA, VAN RIJSSELBERGHE, Fernand KHNOPFF, Edgard P. JACOBS, Georges VANTONGERLOO, Jan TOOROP, André MASSON, Nicolas de STAËL, Vincent VAN GOGH…
C’est à cet héritage que l’Académie de Bruxelles doit trois des principales caractéristiques qui sont les siennes aujourd’hui : elle est internationale (49% de ses étudiants viennent du monde entier) ; bien qu’école supérieure d’art située de plain pied dans le cadre européen (bachelier, master, doctorat) elle est pédagogiquement encore fortement structurée en ateliers couvrant aussi bien les beaux-arts que les arts décoratifs ou appliqués ; elle maintient actifs des ensembles techniques uniques qui couvrent tous les champs de l’art ; sans oublier une particularité transversale: un important domaine concernant la théorie, l’histoire et la recherche.
Pour sa participation à la JCE, puisque c’est en tant que telle qu’elle est invitée, l’Académie propose cinq artistes issus de domaines différents et tous ayant terminé leur cycle de master en 2013. Ce choix a pour objectif de montrer la diversité des pratiques qui s’y expérimentent et de permettre à de très jeunes artistes de se confronter à un large public et à des artistes européens de leur génération. Je tiens donc à remercier la JCE pour sa confiance et la chance qui leur est donnée.
Marc Partouche
Directeur Académie royale des beaux-arts de Bruxelles










